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Phil Collins

Jusqu'au 15 mars 2020
Commissaire
Cheryl Sim
Artiste
Phil Collins
Mots-clés
À propos de l’exposition

Depuis la fin des années 1990, l’artiste Phil Collins construit un important corpus d’œuvres faisant appel à diverses pratiques sociales, communautés et régions du monde afin d’étudier la manière dont nous comprenons la culture populaire et y prenons part. Au fil des ans, ses projets nous ont rapprochés, entre autres, de jeunes de Bagdad, de réfugiés albanais du Kosovo et d’adolescents palestiniens. Issue d’un engagement véritable auprès des communautés et des lieux, l’approche de l’artiste révèle un ensemble complexe et subtil de relations intégrées aux régimes de représentation et aux économies qui façonnent la vie quotidienne, parfois au cœur de bouleversements sociaux ou politiques. Le public montréalais a découvert le travail de Collins en 2017 avec son installation free fotolab, présentée dans le cadre de l’exposition collective L’OFFRE. Cette fois-ci, la Fondation consacre ses espaces situés au 465 de la rue Saint-Jean à une exposition individuelle de l’artiste axée sur le rôle déterminant de la musique dans sa pratique.

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Depuis la fin des années 1990, l’artiste Phil Collins construit un important corpus d’œuvres faisant appel à diverses pratiques sociales, communautés et régions du monde afin d’étudier la manière dont nous comprenons la culture populaire et y prenons part. Au fil des ans, ses projets nous ont rapprochés, entre autres, de jeunes de Bagdad, de réfugiés albanais du Kosovo et d’adolescents palestiniens. Issue d’un engagement véritable auprès des communautés et des lieux, l’approche de l’artiste révèle un ensemble complexe et subtil de relations intégrées aux régimes de représentation et aux économies qui façonnent la vie quotidienne, parfois au cœur de bouleversements sociaux ou politiques. Le public montréalais a découvert le travail de Collins en 2017 avec son installation free fotolab, présentée dans le cadre de l’exposition collective L’OFFRE. Cette fois-ci, la Fondation consacre ses espaces situés au 465 de la rue Saint-Jean à une exposition individuelle de l’artiste axée sur le rôle déterminant de la musique dans sa pratique.

L’installation vidéo en trois parties the world won’t listen (2004-2007) s’inspire des textes de la compilation au titre éponyme du groupe The Smiths, parue en 1987. Elle met en vedette des fans colombiens, turcs et indonésiens qui interprètent les différents morceaux de l’album au cours de séances de karaoké individuelles, s’appropriant leurs paroles, les transformant et leur donnant de nouvelles significations. Leurs prestations passionnées revêtent un caractère d’urgence à la lumière du discours d’extrême droite et anti-immigration de Morrissey, l’ancien chanteur des Smiths.

Le film à canal unique the meaning of style (2011) s’intéresse à un groupe de skinheads antifascistes malais que Collins a rencontrés à Penang. Fasciné par leur adoption de cette sous-culture typiquement britannique, l’artiste les présente dans une série de tableaux langoureux accompagnés d’une bande sonore onirique du musicien gallois Gruff Rhys et du groupe Y Niwl. L’œuvre rend compte d’un désir universel d’appartenance comportant néanmoins des zones et des modes d’indépendance.

En 2013, Collins a collaboré avec des hôtes du centre d’hébergement pour sans-abris Gulliver à Cologne, en Allemagne. Dans le café du centre, l’artiste a mis à la disposition des usagers une cabine téléphonique permettant d’effectuer gratuitement des appels locaux ou internationaux, à condition que les conversations soient enregistrées et anonymisées. Les appels sélectionnés ont été envoyés à des musiciens internationaux tels que David Sylvian, Lætitia Sadier et Scritti Politti, qui s’en sont servis comme points de départ de nouvelles pièces originales. Le projet a donné lieu à my heart’s in my hand, and my hand is pierced, and my hand’s in the bag, and the bag is shut, and my heart is caught (2013), une installation sonore composée de six cabines d’écoute spécialement conçues, qui proposent un ensemble de chansons inédites gravées sur des vinyles de 7 pouces.

Bring Down The Walls est à l’origine un projet d’art public qui examine l’industrie carcérale aux États-Unis sous l’angle de la musique house et de la vie nocturne. Le projet consistait en une aire commune qui servait d’école ouverte le jour et de boîte de nuit le soir, ainsi qu’en un album-bénéfice réunissant des classiques de la musique house réenregistrés par des chanteurs et musiciens électroniques ayant été détenus. Dans le cadre de l’exposition à la Fondation, Collins propose Bring Down The Walls (2019), une version installative du projet spécialement conçue pour Montréal et l’espace situé au 465 de la rue Saint-Jean, ainsi qu’un programme public qui s’appuiera sur les discussions et les liens issus de New York.

Les œuvres de cette exposition explorent la puissance émancipatrice de la musique, sa capacité à transcender le temps et l’espace, les diverses géographies, l’appartenance ethnique, la classe sociale et la langue, tout en restant critique à l’égard de son implication dans les rapports de force inégaux et l’économie politique de la culture. L’approche empathique de Collins et son amour de la musique nous permettent de mieux comprendre ce que signifie être en relation les uns avec les autres.

La version réalisée à Istanbul de the world won’t listen a été commandée par la 9e Biennale internationale d’Istanbul. the meaning of style a été commandée par la Biennale de Singapour 2011 – Open House. my heart’s in my hand, and my hand is pierced, and my hand’s in the bag, and the bag is shut, and my heart is caught a été commandée par le musée Ludwig et l’Akademie der Künste der Welt de Cologne. Et Bring Down The Walls a été commandée par Creative Time de New York.

Lieu: Fondation Phi, 465, rue Saint-Jean

Biographie

Né en 1970, Phil Collins a grandi dans le nord de l’Angleterre. Il a étudié à l’Université de Manchester (baccalauréat en littérature anglaise et en art dramatique) et à l’Université d’Ulster à Belfast (maîtrise en arts visuels). Pendant ce temps, il a occupé divers emplois, notamment préposé au vestiaire et barman à la boîte de nuit Hacienda, animateur de bingo, professeur de performance et de théorie du cinéma, technicien de laboratoire dans un magasin de photo et secrétaire au magazine pour sans-abris Big Issue.

Collins a remporté le prix Paul Hamlyn Award for Visual Arts en 2001. Il était en nomination pour le prix Turner en 2006 et pour le prix Artes Mundi en 2012. Ses projets et ses expositions individuelles récentes incluent: le Metropolitan Arts Centre (MAC), Belfast et Creative Time, New York (tous deux en 2018); le Museum of Contemporary Art Cleveland et le Manchester International Festival (tous deux en 2017); le Metropolitan Museum of Art, New York et le Musée d’art contemporain de Chicago (tous deux en 2016); la Gallery of Modern Art, Glasgow (2015); le musée Ludwig, Cologne (2013); et le British Film Institute, Londres (2011). Ses œuvres figurent parmi des collections publiques, tels que, entre autres, le Museum of Modern Art et le Guggenheim Museum à New York, la Tate Gallery à Londres, le Walker Art Center à Minneapolis, l'Irish Museum of Modern Art à Dublin, et le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa.

Collins partage son temps entre Berlin et Wuppertal. Il est professeur d’art vidéo et de performance à l’Academy of Media Arts à Cologne.

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