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Relier les points: les bindis dans l’œuvre de Bharti Kher

Date et heure
Mercredi 30 mai 2018 à 13h37

Relier les points: les bindis dans l’œuvre de Bharti Kher

L'outil Bharti Kher: Mouvements est conçu par l'équipe de DHC/ART Éducation afin d'encourager les visiteurs à développer en profondeur certains concepts clés explorés par l'exposition Bharti Kher: Points de départ, points qui lient.

Composition: Bindi

Le bindi est un matériau et un motif au cœur du travail de Bharti Kher. Pour réfléchir à la composition de ses œuvres, nous nous sommes librement inspirés du titre de l’exposition ainsi que de l’invitation aux mouvements du corps et de la pensée qui est à l’origine de ce document. Idées et citations sont présentées comme une série de points de départ, que le lecteur est invité à lier, relier ou délier, par le dessin ou le collage.

Le mot «bindi» vient du mot Sanscrit «bindu», qui signifie point [1].

«Le bindi est généralement placé sur le front, entre les sourcils, une zone que les sciences yogiques considèrent comme ayant un pouvoir immense, communément désignée comme le troisième œil [2]

Le terme bindu apparaît dans le Nasadiya Sukta, ou «Hymne de la création», pour évoquer le point d’origine du monde.

MARCHANDISE

De trace faite en appliquant un pigment sur le front, le bindi est devenu un objet achetable: on peut se procurer des feuilles de bindis de toutes les couleurs dans plusieurs magasins, en Inde ou ailleurs. Ce sont ces bindis que Kher utilise. De ce fait, l’histoire du bindi se croise à celle de la marchandise produite en masse.

READY-MADE

Pour créer un ready-made, l'artiste sélectionne un objet déjà fait, et le modifie ou non, pour faire une œuvre d’art. Le concept, développé par Marcel Duchamp au début du XXe siècle, nous invite à réfléchir à l’importance (ou non) de la fabrication dans le jugement esthétique.

Selon vous, les bindis utilisés par Kher sont-ils plutôt des matériaux, ou des ready-made? Où se situe la différence entre les deux types d’objets?

SPERMATOZOÏDE

Après avoir vu une femme porter un bindi en forme de spermatozoïde, Kher se rendit à la boutique où la femme se l'était procuré pour acheter tout leur stock [4]. Depuis, ce type de bindis recouvre plusieurs de ses sculptures, dont An absence of assignable cause.

La commissaire Ziba Ardalan remarque: le bindi spermatozoïde devient un «symbole de chacune des créatures vivant sur cette planète, un symbole de nos vices et vertus, de notre existence, de nos idées, de nos ambitions, de notre destinée [5]

TRAVAIL

L’assemblage des œuvres avec bindis se fait dans le studio de l’artiste à Gurgaon, en compagnie d’une équipe d’assistantes de la région [3].

LANGAGE

Bharti Kher, à propos de l’utilisation des bindis: «La densité de mes œuvres est en train de changer présentement. Il y a plus de couches, encore plus cette idée que les bindis sont des codes ou des langages qu’on ne peut pas lire. Il devient difficile de se concentrer sur l’image, et le regard bascule constamment, se déplaçant de l’avant vers l’arrière [6]

CIBLE

L'œuvre Cipher, placée sur la façade de notre bâtiment qui donne sur la rue Saint-Sacrement, et l’œuvre Virus IX rappellent tour à tour les cibles des Jasper Johns ou Kenneth Noland, les gongs de Claude Tousignant, ou encore les Meditations de Nadia Myre.

OP ART

L’op art se base sur les effets visuels sentis dans la juxtaposition de formes géométriques. Les œuvres de Kher, dans leur rythmique visuelle, évoquent parfois les effets optiques de ce courant.

Attardez-vous à l’une des œuvres avec des bindis dans l’exposition. Observez sa surface, les motifs qui s’y dessinent. Tentez de décrire les effets visuels notés après avoir vu l’œuvre.

Daniel Fiset
DHC/ART Éducation

[1] JHAVERI, Shanay (2010). «Conditions of Possibility: Bharti Kher’s Use of the Bindi». Matter. Catalogue d’exposition (Vancouver Art Gallery, 9 juillet au 6 octobre 2010). Vancouver/Londres: Vancouver Art Gallery/Black Dog Publications, p. 11.
[2] Ibid.
[3] NG, Elaine W. (2008). «Where I Work. Bharti Kher». ArtAsiaPacific. En ligne. http://artasiapacific.com/Magazine/61/WhereIWorkBhartiKher. Consulté le 3 avril 2018.
[4] TRIPATHI, Natasha (2017). «Bharti Kher’s Bindis Mirror The Starry Night». Sotheby’s. En ligne. http://www.sothebys.com/en/news-video/blogs/all-blogs/on-india/2017/03/bharti-kher-bindi-the-starry-night.html. Consulté le 3 avril 2018.
[5] ARDALAN, Ziba (2012). «Second Skin That Speaks of Truth». Bharti Kher. Catalogue d’exposition (Parasol Unit, 14 septembre au 11 novembre 2012). Londres: Parasol Unit, p. 16.
[6] SEN, Aveek (2012). «Fragments of a Conversation with Bharti Kher». Bharti Kher. Catalogue d’exposition (Parasol Unit, 14 septembre au 11 novembre 2012). Londres: Parasol Unit, p. 62.

Photo: Bharti Kher, Heroides VII (détail), 2016.

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