Impressions: Performance lecture by Joan Jonas with Jason Moran

June 17, 2016

On May 27, Joan Jonas and Jason Moran gave a performance-lecture at Concordia University’s DB Clarke Theatre. One of multiple public events in the series Affinities, programmed by curator Barbara Clausen, it was an evening of exchange, discussion, music, and movement. The following are some musings and spontaneous reactions of two DHC/ART educators.

Amanda Beattie: There was a moment of climax, about halfway through the performance/lecture/chat between old friends. It was, for me, the crescendo of the evening, a segment where everyone was sitting at the edge of their seat. Powerful, beautiful, moving. Moran at the piano. Jonas sitting on a tiny child’s wooden chair, in front of a table cluttered with bells, shakers, music-makers, and a microphone. And away they went on their exploration, their adventure, their trip. I felt like I was witnessing some kind of magical duet, like they were in a mutual, shared trance. It was beyond words.

Daniel Fiset: Il est toujours impressionnant de constater que la force d’une collaboration se mesure tout autant en dehors du langage, par les gestes et les sons performés. Évidemment, tout ça participe à l’aspect rituel qui accompagne beaucoup des œuvres de Jonas; lorsque nous sommes témoins de la portée immense d’un geste qui est en apparence simple mais qui dévoile un engagement profond avec le monde qui l’entoure.

Ce moment de la performance réitérait à quel point le rythme est une préoccupation fondamentale pour Jonas depuis le début de sa pratique. Depuis que les visites de l’exposition ont commencé, on se rend compte que le son est un outil incontournable pour l’artiste; le chant et la musique sont omniprésents à travers les salles. Le rythme est une autre facette de cet intérêt pour la musique dont on traite assez peu lorsqu’on s’intéresse à Jonas. Pourtant, cette fascination pour la percussion est très présente dans les vidéos des années 1970, dont Vertical Roll. Dans ce cas, les «ratés» de la technologie – ou plutôt le fait de volontairement trafiquer les appareils utilisés pour mettre de l’avant la défaillance des technologies – imposent un rythme à l’action performée.

On prend également conscience du rapport de Jonas à la technologie, un rapport qui ne se qualifie pas par une volonté de perfection technique. Les nouvelles technologies sont sur le même pied d’égalité que les autres accessoires utilisés pendant les performances; ce sont des moyens d’arriver à une fin, des façons d’habiter le monde et d’interagir. Les technologies ne sont pas exploitées afin de déjouer le regard ou de rendre les représentations irréelles. Le public voit comment les moniteurs en circuit fermé sont branchés pendant les performances d’Organic Honey, ils sont conscients de la documentation photographique ou vidéo. Dans un monde où tout se veut dématérialisé, sans fil, invisible, il est toujours bon de se rappeler comment toutes ces technologies viennent à nous, de révéler le travail requis pour obtenir ce qui apparait instantanément.

AB: I would also add that the banter between Joan and Jason was so natural and easy, and filled with such mutual respect and admiration, that it created a very comfortable atmosphere for the viewers to inhabit. It was as if they were just conversing, just for fun, not being watched and filmed, with no one jotting down notes on their discussion.

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The very endearing and straightforward manner in which she spoke to her assistant who was running the slide show, offstage (just in front of the stage, actually) took away any pretext of perfection that anyone may have been anticipating: “Next slide, David. Next one. David, next one. David, where are we? What’s next, David?” None of us ever saw David (except for the back of his head), but we heard his voice, and he really became a part of the event.

DF: Cela renvoie à l’importance de la collaboration dans le travail de Jonas, et montre à quel point le travail est envisagé en dialogue avec d’autres artistes, certes, mais aussi des performeurs, des danseurs, des figurants, des gens de l’équipe technique. L’œuvre est singulière, mais elle ne pourrait exister sans l’apport de chacun et chacune, et le statut semble avoir peu d’importance dans la collaboration finale, puisque tous apportent les particularités de leurs propres gestes ou idées. On sent ça en visitant l’exposition, en regardant certains des premiers films, comme Wind (1968), Songdelay (1973), Disturbances (1974) ou encore Street Scene With Chalk (1976/2008/2010). L’esprit de collaboration est là dès le départ et il se poursuit jusqu’à son travail actuel.

Amanda Beattie and Daniel Fiset
DHC/ART Education


Photo credits: © Concordia University

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